Double Bill

Double Bill
Reverse, création 2018 de Jann Gallois
YŌSO (Éléments), création 2018 de Kader Attou

Un projet de coopération franco-japonaise autour de la danse hip hop
C’est à l’initiative de Dominique Hervieu, nommée directrice artistique de Dance Dance Dance @ YOKOHAMA
2018, qu’est née l’idée d’une rencontre entre deux cultures de la danse hip hop. Deux chorégraphes français, Jann Gallois et Kader Attou, sont invités à chorégraphier pour cinq mêmes danseurs japonais. C’est dans ce Double Bill hip hop composé de deux pièces courtes inédites que dialogueront les univers singuliers des chorégraphes.
Double Bill se présente comme un véritable projet de coopération et de stimulation artistique entre danseurs, chorégraphes, français et japonais. Il donne à voir la richesse de la création chorégraphique française associée à l’excellence technique des danseurs japonais.

 

. Reverse

Reverse, création 2018
Durée : 20mn

Chorégraphie et scénographie : Jann Gallois / Interprètes : Hayate, Jona, Katsuya, Sakyo, Takashi / Création musicale : Christophe Zurfluh / Création lumière : Cyril Mulon / Participation aux costumes : Hitomi Tsuchida

 

Véritable performance physique et technique, Jann Gallois renverse les sens et engage les corps de cinq danseurs japonais issus du Bboying à ne plus décoller la tête du sol. Comment trouver un sens dans un monde irraisonné, comme celui d’aujourd’hui où l’on semble de plus en plus marcher sur la tête ?
Jann Gallois développe ici une écriture autour de différentes techniques phares de la danse hip hop dont elle est issue, tels que le Reverse, le Head Spin ou encore le Chair Freeze. Toute une déclinaison de mouvements impliquant cet appui constant de la tête au sol. Chorégraphié au millimètre prêt, Reverse ne manque pas d’évoquer l’homme-machine pris dans la mécanique d’un système complexe et ordonné pour finalement laisser place à une composition circulaire qui arrondit les angles et fait progressivement naitre une osmose collective. Ce processus de création dans la contrainte est une habitude dans le travail de la chorégraphe.

 

Photo ©Patrick Berger

. YŌSO (Éléments)

YŌSO (Éléments), création 2018
Durée : 30mn

Chorégraphie et scénographie : Kader Attou / Interprètes : Hayate, Jona, Katsuya, Sakyo, Takashi / Création musicale : Régis Baillet / Création lumière : Cyril Mulon / Participation aux costumes : Hitomi Tsuchida

 

YŌSO (Éléments) puise son inspiration dans le Godai mot composé de Go qui signifie « cinq », et Dai, qui signifie « grand » ou plus généralement : les cinq grands éléments. Tout ce qui existe ici- bas est régi par leur équilibre car ils permettent de décrire les cycles naturels du corps et du monde. Si dans sa pièce Kader Attou utilise les quatre premiers éléments (la Terre, l’Eau, le Feu et le Vent), ce n’est pas dans l’idée de revisiter le Godai, ni d’en donner une lecture occidentale hip hop. Il s’en inspire avec humilité, force et poésie pour trouver de nouveaux chemins aux mouvements et y faire naitre la danse. Chercher des similitudes entre les corps hip hop en danse et les différents éléments du Godai, révéler des correspondances possibles entre eux et faire jaillir une énergie nouvelle d’où s’impose au final le mouvement. La recherche chorégraphique a amené les cinq interprètes japonais vers des endroits dansés et des états de corps qu’ils ne supposaient pas, comme une rencontre positive, combinaison optimale des éléments du Godai.
Comme un écho, la musique de Régis Baillet, mariant musiques actuelles électroniques et sons d’instruments traditionnels japonais empreints du Godai, révèle cette danse et la sublime.
Ainsi est née YŌSO (Éléments), de la rencontre de l’univers de Kader Attou avec un Japon riche de ses traditions mais résolument contemporain.

 

Photo ©Patrick Berger

 

. La presse en parle 1

 Biennale de la danse 2018 : du hip hop qui frappe fort ! 

Jann Gallois, une partition au sol

Avec Reverse, Jann Gallois compose une partition intéressante en partant d’une contrainte : mettre les danseurs à la renverse, leur tête restant constamment en contact avec le sol. Évoluant dans un carré dessiné par des lignes de lumière blanche, les Bboys nous plongent dans une réflexion sensorielle et corporelle sur le sens d’un monde à l’envers, qui ne va pas bien, qui perd sa liberté, capable aussi d’offrir d’autres points de vue sur l’espace et la manière d’appréhender la cohabitation entre les individus. Jann Gallois détourne des figures acrobatiques du Bboying pour donner aux corps des formes qui évoquent l’isolement, la déshumanisation mais qui laissent entrer l’autre – comme celle du pont où les danseurs arc-boutés créent des passages de respiration. Le final, un ballet vertical à l’envers, fait penser au déploiement d’une fleur rendue belle par l’union de ses pétales. Sculptée au millimètre près, cette danse originale, surgie du sol, transforme la danse hip-hop en un territoire de recherche et d’expérimentation prometteur.

 

Kader Attou, la maîtrise de la danse

YŌSO (Éléments) est sans nul doute la pièce de Kader Attou qui impose sa maîtrise totale de l’écriture hip-hop, dont il ne cesse de faire évoluer la lisibilité et le potentiel, lâchant peu à peu ses approches narratives pour se consacrer à la matière corps, restant toujours au plus près de ses interprètes. YŌSO (Éléments) s’inspire du Godai, qui signifie les cinq grands éléments (la terre, l’eau, le feu, le vent, le vide), sur lesquels se fonde la tradition japonaise pour dire que seul leur équilibre régit la vie. Évoluant sur la superbe bande-son de Régis Baillet qui mêle musique électronique et sons traditionnels et qui dose intelligemment ses effets sur l’emphase chorégraphique, les danseurs nous propulsent dans une danse précise, poétique, qui ne cesse de nous surprendre par des mouvements et qui nous cueille littéralement au détour des compositions. Les danseurs sont extraordinaires et d’un très haut niveau. Kader Attou s’est emparé de leur socle de virtuosité pour complexifier sa danse, l’éprouver dans ses rythmes, l’enrichir de nouvelles émotions visuelles et techniques. Quel bonheur de se laisser happer par tant d’élégance ! (…)
Aurélie Mathieu – Lyon Capitale, septembre 2018

. La presse en parle 2

Le Japon en mode hip hop

(…) Reverse de Jann Gallois séduit par son parti pris, un travail au sol constant, et des variations de fréquence. Les cinq danseurs rampent littéralement puis expérimentent un vivre-ensemble dans une ronde dispersée. On croit voir les foules de jeunes promeneurs du quartier Shibuya de Tokyo. À moins que ce ne soit un monde futuriste déshumanisé (…)

 

Kader Attou s’est intéressé au Godai, les « cinq grands éléments ». Surtout, il tire un trait d’union entre la tradition, notamment dans la partition de Régis Baillet, et la modernité. Sur le plateau, les figures s’enchaînent sans temps mort pour révéler les individualités ; le hip hop de Attou épouse les silhouettes dans une série de déclinaisons bluffantes. Les danseurs paraissent rebondir au sol ou décoller par la seule force d’un bras comme appui. Le plus beau, dans cette collaboration, tient sans doute à l’écoute réciproque entre le chorégraphe et son quintette de solistes. Avec pour seul décor les lumières de Cyril Mulon, YŌSO (Éléments) laisse entrevoir le talent généreux de ces garçons dans le vent (…)
Philippe Noisette, Les Échos, septembre 2018

 

. Les mentions

Double Bill
Création 2018

Première : 2-5 septembre 2018, Dance Dance Dance @ YOKOHAMA 2018
Paris : 18-21 septembre 2018, Chaillot – Théâtre national de la Danse
Lyon : 25-28 septembre 2018, Biennale de la danse

 

Production déléguée : Dance Dance Dance @ YOKOHAMA 2018 (Japon), CCN de La Rochelle / Cie Accrorap / Coproduction : Biennale de la danse de Lyon, Pôle européen de création – Ministère de la Culture / Maison de la Danse aide pour la Biennale de la danse de Lyon 2018, Chaillot – Théâtre national de la Danse, La Coursive, Scène Nationale de La Rochelle, La Rampe – La Ponatière, Scène conventionnée – Échirolles / Avec le soutien de PARCO (Japon)

 

 





Développpement : antichambre